En robe grise et verte avec des ruches
En robe grise et verte avec des ruches, Un jour de juin que j'étais soucieux, Elle apparut souriante à mes yeux Qui l'admiraient sans redouter d'embûches ;
Elle alla, vint, revint, s'assit, parla, Légère et grave, ironique, attendrie : Et je sentais en mon âme assombrie Comme un joyeux reflet de tout cela ;
Sa voix, étant de la musique fine, Accompagnait délicieusement L'esprit sans fiel de son babil charmant Où la gaîté d'un bon coeur se devine.
Aussi soudain fus-je, après le semblant D'une révolte aussitôt étouffée, Au plein pouvoir de la petite Fée Que depuis lors je supplie en tremblant.
Paul Verlaine
Informations sur le poème En robe grise et verte avec des ruches
- Extrait du recueil La bonne chanson
- 4 strophes
- 16 vers